Allocation d'actifs: jusqu'à CHF 410'000 d'écart sur 25 ans

Mêmes versements, même durée, répartition différente. Sur 25 ans, la part d'actions de votre portefeuille peut faire varier votre patrimoine final de plus de moitié. C'est la décision la plus importante, et elle se prend une fois.

Mis à jour le 20 octobre 2026 · 6 min de lecture

L'essentiel
  • Sur 25 ans, la part d'actions pèse bien plus sur le résultat que le choix des titres.
  • La prudence a un prix: dans notre exemple, environ 200'000 francs entre un profil prudent et un profil équilibré.
  • Votre 2e pilier agit déjà comme une obligation: votre patrimoine est plus prudent que votre portefeuille.

Le résultat selon votre profil

Plus la part d'actions est grande, plus le patrimoine final est élevé en moyenne, et plus le chemin est agité. Exemple: 100'000 francs de départ, puis 1'000 francs par mois pendant 25 ans. Voici le patrimoine médian obtenu sur 1'500 simulations.

Patrimoine médian après 25 ans, pour CHF 400'000 versés
Prudent (20% d'actions)
CHF 630'000
Équilibré (60%)
CHF 840'000
Dynamique (80%)
CHF 940'000
100% actions
CHF 1'040'000

Médiane de 1'500 simulations Monte Carlo ViaVest. Hypothèses historiques: actions 6.8%, obligations 2.5%, liquidités 0.9% par an. La moitié des trajectoires finissent plus bas: ce ne sont pas des garanties.

Une étude de référence (Brinson, Hood et Beebower, 1986) a montré que l'allocation explique l'essentiel des variations de rendement d'un portefeuille au fil du temps, loin devant le choix des titres ou le moment d'achat.

Le vrai coût de la prudence

Choisir un profil prudent plutôt qu'équilibré coûte environ 200'000 francs sur 25 ans dans notre exemple: c'est le prix de la tranquillité. La bonne question n'est donc pas « avec quoi suis-je à l'aise? », mais: pouvez-vous voir votre portefeuille baisser d'un quart une année sans vendre? Si oui, un profil plus dynamique se justifie sur 20 ans et plus.

Ce que l'allocation ne fait pas

Aucune répartition ne monte tout le temps: entre fin 2007 et début 2009, un portefeuille 100% actions a perdu plus de la moitié de sa valeur au pire moment. Un profil équilibré a perdu environ un quart, un profil prudent nettement moins. Et en 2022, fait rare, actions et obligations ont baissé en même temps.

Les pertes de la pire année, selon le profil
Crise20 / 60 / 2060 / 40100% actions
2008-2009-10 à -15%-25 à -30%jusqu'à -57%
2022 (hausse des taux)-10 à -12%-15 à -18%environ -18%

Pertes indicatives, actions mondiales et obligations, en monnaie locale. Pour 100% d'actions: indice MSCI World, perte maximale entre octobre 2007 et mars 2009, et année 2022.

La vraie perte

Vendre au creux de 2009 a transformé une baisse temporaire en perte définitive. Tenir le cap pendant les baisses compte souvent plus que la répartition elle-même. Les bons réflexes: quand la bourse chute.

Votre 2e pilier change votre allocation réelle

Votre capital LPP se comporte comme une obligation: il croît à un taux minimum garanti et devient une rente. Il représente souvent une grosse part du patrimoine d'un salarié. Exemple: vous avez 100'000 francs en portefeuille, dont 60% en actions, et deux fois plus en LPP. Votre patrimoine réel ne compte plus qu'environ 40% d'actions. Vous pouvez donc souvent vous permettre un portefeuille plus dynamique que vous ne le pensez.

Pour situer vos besoins à la retraite, voir combien faut-il pour la retraite en Suisse.

Quatre questions pour choisir

  • Votre horizon: besoin de l'argent dans 5 ans, ou dans 25?
  • Votre réaction à une forte baisse: en théorie, chacun tient. En pratique, beaucoup vendent au pire moment.
  • Vos autres actifs: immobilier, 2e et 3e pilier font partie de l'équation.
  • La stabilité de votre revenu: un salaire régulier permet davantage d'actions qu'un revenu variable.

Pour aller plus loin

Rééquilibrez une fois par an. Après une forte hausse des actions, votre portefeuille devient plus risqué que prévu. Revenir chaque année à votre répartition cible, ou dès qu'un actif s'écarte de plus de 5 points, vous fait vendre ce qui a monté et acheter ce qui a baissé, sans y penser.

Réduisez les actions en approchant de la retraite. Un krach juste au moment où vous commencez à vivre de votre capital fait beaucoup plus de dégâts qu'à 35 ans. Un repère courant: environ 80% d'actions à 35 ans, puis une baisse progressive jusqu'à la moitié environ à la retraite.

Rééquilibrez par vos versements. Plutôt que de vendre, dirigez vos nouveaux versements vers la partie en retard. Vous évitez ainsi des frais de vente.

Simulez votre propre allocation1'500 trajectoires avec votre capital, vos versements et votre horizon.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'allocation d'actifs?

La répartition de votre capital entre actions, obligations et liquidités. Elle fixe le rendement attendu et l'ampleur des baisses de votre portefeuille sur le long terme.

Les actions sont-elles plus risquées que les obligations sur 25 ans?

À court terme, oui: elles fluctuent davantage. Sur 15 à 20 ans et plus, la probabilité historique d'un rendement positif sur les actions mondiales diversifiées dépasse 95%. Le risque devient alors de ne pas atteindre son objectif avec un portefeuille trop prudent.

Faut-il rééquilibrer son portefeuille chaque année?

Une révision annuelle suffit à la plupart des investisseurs: on ramène chaque classe d'actifs à sa part cible. Certains rééquilibrent seulement quand un actif s'écarte de plus de 5 points de sa cible.

Qu'est-ce qu'une simulation Monte Carlo?

Des milliers de trajectoires calculées avec des rendements aléatoires cohérents avec l'historique de chaque classe d'actifs. On obtient la médiane, mais aussi les scénarios défavorables et favorables. Le simulateur ViaVest en calcule 1'500.

Comment tenir compte de mon 2e pilier?

Votre capital LPP se comporte comme une obligation: il croît à un taux minimum (1.25% en 2026) et devient une rente ou un capital à la retraite. Avec CHF 200'000 en LPP et CHF 100'000 en portefeuille 60/40, votre allocation réelle est d'environ 40% d'actions.

L'allocation doit-elle changer avec l'âge?

En général, la part d'actions baisse à l'approche de la retraite, pour limiter le risque qu'un krach survienne juste quand vous commencez à prélever. Un repère courant: 80% d'actions à 35 ans, 60% à 50 ans, 50% à 65 ans.

Sources: Brinson, Hood et Beebower, « Determinants of Portfolio Performance », Financial Analysts Journal, 1986 ; MSCI World Total Return Index ; Vanguard Research, 2017 ; OFS, prévoyance professionnelle ; hypothèses de simulation ViaVest: actions 6.8% (volatilité 16%), obligations 2.5% (5.5%), liquidités 0.9% (0.6%).