Actions suisses ou monde: ce que le biais domestique apporte, et ce qu'il coûte

La Suisse pèse quelques pourcents de la bourse mondiale, mais souvent une bien plus grande part des actions d'un investisseur suisse. Ce choix a de vrais avantages. Il a aussi un coût, moins visible: trois entreprises font près de la moitié du SMI.

Publié le 21 octobre 2026 · données MSCI et iShares à fin septembre 2026 · 6 min de lecture

L'essentiel
  • La Suisse fait quelques pourcents de la bourse mondiale; les États-Unis, près des trois quarts.
  • Le SMI est très concentré: Roche, Novartis et Nestlé y font près de la moitié de l'indice.
  • Les actions suisses évitent le change et l'impôt anticipé y est récupérable, mais ne diversifient pas à elles seules.

La place réelle de la Suisse

Dans l'indice des actions mondiales, la Suisse pèse quelques pourcents, moins que la France; les États-Unis, près des trois quarts. Pourtant, beaucoup d'investisseurs suisses en détiennent bien plus, souvent sans l'avoir décidé: par leur banque, leur 3a ou par habitude. Certaines stratégies 3a placent ainsi près de 40% de leurs actions en Suisse. C'est ce qu'on appelle le biais domestique.

Le SMI: trois titres font près de la moitié

Roche, Novartis et Nestlé représentent près de la moitié du SMI, et la santé plus de 40% de l'indice. La technologie y pèse moins de 1%, alors qu'elle est le premier secteur de la bourse mondiale. Le règlement de l'indice plafonne d'ailleurs chaque titre à 18%, justement pour limiter cette concentration.

Les plus grosses positions du SMI, à fin septembre 2026
Roche
16.7%
Novartis
15.6%
Nestlé
13.4%
ABB
8.4%
UBS
8.4%

Source: BlackRock, fiche de l'ETF iShares SMI au 30.09.2026. Le SMI compte 20 titres; les 10 premiers en font 83%.

Ce que le biais domestique apporte

Les actions suisses ont trois vrais avantages pour un investisseur qui vit en francs.

  • Pas de risque de change: vos dividendes et votre capital sont en francs, comme vos dépenses.
  • L'impôt anticipé récupérable: les 35% retenus sur les dividendes suisses vous sont rendus via votre déclaration, alors qu'une partie de l'impôt retenu à l'étranger est perdue.
  • Des entreprises solides et mondiales: une grande partie de leurs ventes se fait hors de Suisse.

Ce qu'il coûte

Le coût du biais domestique, c'est la concentration: votre épargne dépend de quelques entreprises et de deux ou trois secteurs. Selon la période, cela a aidé ou pénalisé. De 2016 à 2025, le SMI a rapporté environ 7.6% par an, et les actions mondiales environ 10% par an en francs, portées par la technologie américaine. Dans les années 2000, à l'inverse, le dollar a perdu environ un tiers de sa valeur en francs, ce qui a lourdement pesé sur les actions mondiales pour un investisseur suisse.

Personne ne sait quelle décennie viendra. La diversification sert justement à ne pas dépendre de la réponse.

Comment doser

  1. Mesurez votre part suisse actuelle: additionnez vos actions suisses dans le compte-titres, le 3a et les fonds de votre banque.
  2. Décidez-la, au lieu de la subir: une part suisse modérée apporte ses avantages sans dépendre de trois titres.
  3. Vérifiez votre 3a: certaines stratégies 3a placent près de 40% de leurs actions en Suisse. Une variante plus mondiale existe souvent chez le même prestataire.

Pour aller plus loin

Votre patrimoine est déjà très suisse. Salaire, 2e pilier, logement et compte épargne sont en francs et liés à l'économie suisse. Vos actions sont l'endroit le plus simple pour diversifier le reste.

SMI ou SPI? Le SMI compte 20 grandes entreprises; le SPI suit tout le marché suisse, plus de 200 sociétés, et dilue un peu la concentration. Pour une part suisse, c'est souvent un meilleur reflet du pays.

Le change reste un autre sujet. Investir dans le monde, c'est accepter le dollar: ce que cela a coûté, et quand se couvrir, est dans le franc fort et le risque de change.

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Questions fréquentes

Quelle part de la bourse mondiale représente la Suisse?

Quelques pourcents seulement. Dans l'indice MSCI World, les États-Unis pèsent près de 73% et la Suisse moins que la France, cinquième pays avec environ 2.2% (fin septembre 2026).

Le SMI est-il diversifié?

Peu. Roche, Novartis et Nestlé y font près de la moitié de l'indice, et la santé plus de 40%. La technologie y pèse moins de 1%. Chaque titre est plafonné à 18%, justement pour limiter cette concentration.

Pourquoi tant d'investisseurs suisses surpondèrent la Suisse?

Pas de risque de change, des entreprises connues, et un impôt anticipé de 35% sur les dividendes suisses entièrement récupérable par un résident. Ces avantages sont réels, mais ils ne compensent pas une concentration sur quelques titres.

Les actions suisses ont-elles fait mieux ou moins bien?

Cela dépend de la période. De 2016 à 2025, le SMI a rapporté environ 7.6% par an et les actions mondiales environ 10% par an en francs. Dans les années 2000, le dollar a perdu environ un tiers de sa valeur en francs, ce qui a fortement réduit le rendement des actions mondiales pour un investisseur suisse.

Mon 3a est-il trop suisse?

Souvent. Certaines stratégies 3a placent près de 40% de leurs actions en Suisse. Regardez la répartition par pays de votre stratégie: les prestataires proposent en général une variante plus mondiale.

Sources: MSCI, fiche de l'indice MSCI World au 30.09.2026 (poids par pays, rendements annuels) ; BlackRock, fiche iShares SMI ETF (CH) au 30.09.2026 (principales positions, secteurs, plafonnement à 18%, rendements annuels de l'indice) ; BNS, cours de change ; finpension, fiche de la stratégie 3a Durable 60 (30.09.2026) ; LIA (impôt anticipé). Calculs ViaVest du rendement mondial en francs.