- Un compte épargne ne fait pas perdre de francs, il fait perdre du pouvoir d'achat, chaque année, avec certitude.
- La bourse fait perdre temporairement. Sur 20 ans, l'indice mondial n'a jamais fini en perte depuis sa création.
- En Suisse, vos plus-values ne sont pas imposées: votre rendement reste entier.
CHF 100'000 sur 20 ans: trois scénarios
Sur 20 ans, le compte épargne est le seul des trois placements qui fait perdre de l'argent en réalité. Exemple: 100'000 francs placés une fois, sans versement ensuite, avec une inflation de 2% par an, le haut de la cible de la BNS.
| Scénario | Montant affiché | En francs d'aujourd'hui | Gain ou perte réel |
|---|---|---|---|
| Compte épargne à 0.5% | CHF 110'490 | CHF 74'356 | -CHF 25'644 |
| Portefeuille équilibré à 5% | CHF 265'330 | CHF 178'559 | +CHF 78'559 |
| Portefeuille en actions à 7% | CHF 386'968 | CHF 260'419 | +CHF 160'419 |
Rendements historiques, non garantis. 0.5% est déjà un taux favorable pour un compte épargne d'une grande banque en 2026.
Même avec une inflation plus douce de 1% par an, le compte épargne perd encore près de 10'000 francs de pouvoir d'achat sur 20 ans.
Deux risques, un seul qui se voit
La volatilité
Le portefeuille peut baisser d'un tiers, voire de moitié, avant de remonter. Visible, douloureux, mais temporaire si vous ne vendez pas.
L'inflation
Une perte lente et certaine du pouvoir d'achat. Invisible sur le relevé, et définitive.
Garder son argent « en sécurité » n'est donc pas une absence de risque: c'est accepter une perte certaine plutôt qu'une perte possible et récupérable.
Ce que montre l'histoire
Les chutes sont réelles, mais sur 20 ans, l'indice mondial des actions n'a jamais fini en perte. Entre fin 2007 et début 2009, il a perdu plus de la moitié de sa valeur au pire moment; en mars 2020, environ 30% en quelques semaines.
Un investisseur entré en janvier 2008, juste avant la crise, a retrouvé sa mise en 5 à 6 ans, puis l'a dépassée, à condition d'avoir tenu.
Une baisse devient une perte définitive quand on vend pendant la chute. C'est le comportement, plus que le marché, qui détruit le capital.
La façon dont la répartition change ces chiffres est détaillée dans l'allocation d'actifs sur 25 ans.
En Suisse, un avantage de taille
En Suisse, un investisseur privé ne paie aucun impôt sur ses plus-values, alors qu'en France, en Allemagne ou en Italie, chaque gain en bourse est imposé autour de 25 à 30%.
Les dividendes restent imposés comme un revenu, et l'impôt anticipé de 35% sur les dividendes suisses se récupère dans la déclaration. Le cadre complet est dans investir en Suisse quand on débute.
Attendre le bon moment coûte plus cher qu'un mauvais timing
Par le passé, même un investisseur au pire timing a fait mieux, sur 20 ans, que celui qui n'investit jamais. Il y a toujours une raison d'attendre: marché trop haut, guerre, inflation, taux. Pourtant, quelqu'un qui investit chaque année au plus haut du marché, le pire moment possible, finit en général bien devant quelqu'un qui garde tout sur un compte épargne pendant 20 ans.
Par où commencer
- Une réserve d'abord: environ 3 mois de dépenses sur un compte accessible, 6 si votre revenu est variable, pour ne jamais devoir vendre au pire moment (voir où placer sa réserve).
- Un horizon honnête: de l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant 10 ans au moins.
- De la diversification: un fonds indiciel mondial plutôt que quelques actions. Si une entreprise s'effondre, l'impact est minime.
Ensuite, votre premier achat en bourse, étape par étape.
Pour aller plus loin
Le compte épargne garde un rôle: votre réserve. Environ trois mois de dépenses, six si votre revenu est variable, doivent rester disponibles tout de suite. C'est le reste, l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant des années, qui perd à dormir.
Regardez votre rendement réel. Le bon chiffre n'est pas le taux de votre compte, mais ce taux moins l'inflation. Tant qu'il est négatif, chaque année d'attente vous coûte.
Même logique pour le 3a. Un 3a laissé sur un compte rapporte presque rien: la même déduction d'impôt avec un 3a investi peut faire une différence de près de 100'000 francs sur 20 ans de versements. Voir le plafond 3a.
Investir ou pas: voyez la différence1'500 trajectoires selon votre répartition.
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À faire, à votre rythme:
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Questions fréquentes
Peut-on tout perdre avec un fonds indiciel mondial?
Pratiquement pas: il faudrait que les milliers d'entreprises qu'il contient fassent faillite en même temps. La perte totale est un risque réel sur une seule action, pas sur un indice mondial diversifié.
Quelle est l'inflation en Suisse?
La BNS vise une inflation entre 0% et 2%. Elle a été d'environ 0.5 à 1% par an entre 2010 et 2020, a atteint 2.8% en 2022, puis est redescendue nettement sous 1%. Même à 1% par an, un compte à 0.5% perd du pouvoir d'achat.
Mon compte épargne me protège-t-il de l'inflation?
Non, tant que son taux reste sous l'inflation. Avec les taux d'épargne actuels des grandes banques, le rendement réel est nul ou négatif.
Combien de temps pour récupérer après un krach?
Après 2008, l'indice mondial a mis environ 5 à 6 ans pour retrouver son niveau. Après la chute de mars 2020, quelques mois. Avec un horizon de 20 ans, une baisse est un épisode, pas une fin.
Quel rendement espérer sur 20 ans?
Sur de longues périodes, les actions mondiales ont rapporté environ 7 à 9% par an avant inflation, soit environ 5 à 7% après inflation, avec des années comme 2008 (-40%) au milieu. Ce n'est pas une garantie.
Faut-il investir avec moins de CHF 10'000?
Oui, si votre réserve de 3 mois de dépenses est constituée. Certaines plateformes permettent d'investir dès quelques francs. Le temps compte plus que le montant de départ.
Sources: Banque nationale suisse, définition de la stabilité des prix ; OFS, indice suisse des prix à la consommation ; indice MSCI World, performances historiques ; AFC, gains en capital et impôt anticipé. Calculs ViaVest, rendements historiques non garantis.